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Fonds euro : la fin d'une suprématie ?

COMMUNIQUE DE PRESSE

groupe taitbout

Le 01 octobre 2008



Chronique rédigée par Daniel COLLIGNON, PDG d'Axeria Vie.

 

  • La mutualisation des taux obligataires dans le temps, auparavant propice aux nouveaux arrivants, joue désormais à rebours et pèse sur les rendements attendus des fonds en euros.
  • De moins en moins bipolarisé entre fonds en euros et unités de compte, le paysage de l’assurance-vie va s’ouvrir à de nouveaux dispositifs, comme les fonds diversifiés et surtout, les fonds internes.

Les épargnants français ont été trop bien habitués.
Depuis plusieurs décennies, ils ont calqué leurs comportements sur une configuration de marché désormais révolue, sur des modes de pensée dont ils n’ont pas encore pris toute la mesure de l’obsolescence. Or le changement de paradigme en cours a des incidences bien réelles sur la rémunération de leur patrimoine financier.
Rappel des faits.
En 1981, les taux obligataires caracolent à 17%, boostés par une inflation chronique consécutive aux deux chocs pétroliers et par des politiques monétaires et budgétaires expansionnistes.
En 2005, ces mêmes taux avoisinent 3%, assagis par un environnement monétaire durablement restrictif et par l’accélération de la mondialisation, facteur de désinflation importée.
Pendant tout un quart de siècle, les rendements obligataires n’ont donc cessé de se replier de façon quasi-ininterrompue. Pendant tout un quart de siècle, les épargnants ont limité les effets de cette baisse inéluctable des taux à long terme sur leur patrimoine financier en souscrivant massivement à des fonds en euros.
En effet, en plaçant leurs économies dans ces derniers, les investisseurs conduisaient certes les assureurs à acheter des obligations moins rémunératrices, mais ils profitaient parallèlement du rendement moyen supérieur du stock de titres acquis au fil des années précédentes.
Résultat, la moindre rémunération des lignes les plus récemment acquises, que les assureurs achetaient à hauteur des nouvelles souscriptions, était largement compensée par celle, supérieure, des plus anciennes.
Dans ces conditions, ils offraient aux épargnants des rendements systématiquement plus élevés que les taux de marché du moment.
Cet effet de mutualisation des rendements dans le temps profitait finalement à tous et favorisait une collecte massive.
Voilà pour le tableau ; c’était hier.

Car depuis, la belle machine s’est grippée.
Depuis 2005, les anticipations inflationnistes, voire même le taux d’inflation effectivement constaté, sont repartis à la hausse, favorisant un rebond concomitant des taux courts et des rendements obligataires.
Résultat, les obligations nouvellement achetées par les assureurs sont mieux rémunérées que les anciennes, qui tirent désormais les rendements vers le bas.
Du coup, l’effet de mutualisation dans le temps, jusqu’ici favorable pour les nouveaux assurés, joue à rebours, ceux-ci « payant » dorénavant pour les anciens.

Ce n’est pas tout.
Depuis le début de la décennie, les assureurs ont intégré des lignes d’obligations privées dans leurs fonds en euros, dans le but de capter un surplus de rendement par rapport aux seules OAT. Mais ici encore, les assureurs font désormais face à une inversion radicale de la configuration du marché : le déclenchement de la crise des subprimes, l’an passé, a revalorisé le prix du risque et accéléré en retour le creusement des écarts de rendements entre obligations privées et publiques.
En outre, pour compenser la baisse des taux longs, les assureurs, confrontés à une concurrence brutale sur le rendement de leurs fonds euro, ont investi sur les marchés d’actions, voire sur l’immobilier. Or sur chacun de ces actifs, la situation s’est elle aussi retournée, provoquant une fonte des plus-values latentes des fonds en euros, voire leur transformation en moins-values, pour les assureurs qui ont pris le train en marche trop tardivement. De quoi, ici encore, peser durablement sur les futurs taux de rendement des fonds euros

Pour toutes ces raisons, tout investisseur qui place aujourd’hui son épargne dans un fonds en euro subventionne indirectement les anciens assurés.
Il porte le poids du passé au lieu d’en profiter comme auparavant. La voilà, la grande nouveauté.
Mieux-disant en matière de taux sans risque pendant de nombreuses années, les fonds en euros deviennent désormais moins rentables que des titres obligataires vifs, voire que certains placements liquides, dont la rentabilité est indexée sur les taux courts.

Quel avenir, dans ces conditions, pour ce placement emblématique des Français ?
Une disparition pure et simple est exclue. Bien ancrés dans la culture des Français, les fonds en euros continuent de répondre à un besoin patrimonial bien réel dans le cadre fiscal privilégié de l’assurance-vie. A court terme, la situation encore très incertaine sur les marchés financiers leur donne toute leur pertinence vis-à-vis d’unités de compte emportées par la débâcle des marchés financiers depuis le début de l’année.
Les fonds en euros restent enfin une variable d’arbitrage clé d’un contrat d’assurance-vie en cas de coup de froid sur les marchés.
Par ailleurs, tous les fonds en euros ne se ressemblent pas. Si le rendement des gros fonds historiques pâtira de la masse des anciennes lignes obligataires acquises au cours des quatre dernières années, les fonds en euros créés très récemment n’ont pas cette inertie et feront profiter les épargnants du rendement actuel des marchés obligataires.
Ils offrent dès lors une couverture plus efficace contre l’inflation.

Les Français doivent aujourd’hui changer leur façon d’évaluer les fonds en euros du marché.
Habitués à regarder dans le rétroviseur, à jauger la qualité d’un fonds au regard de sa rentabilité passée, ils doivent désormais privilégier les assureurs les plus transparents, tant en matière de composition de leurs fonds que de mode de calcul de la participation aux bénéfices, ceux dont le portefeuille est le moins pollué par des moins-values encombrantes et des obligations à faible rendement.
Plus qu’à une disparition, c’est donc plutôt à une normalisation des fonds en euros à laquelle les assureurs vont faire face.
Certes toujours utile, ce dispositif devra se fondre dans un paysage de la gestion patrimoniale moins bipolarisé entre fonds en euros et unités de compte et composer avec une concurrence plus diversifiée ; en particulier, leur moindre intérêt va notamment accélérer la montée en puissance des fonds diversifiés, pendant des fonds en euros comportant une partie garantie et une autre partie non garantie, et des fonds internes, quasi OPCVM régis par le code des assurances, gérés par l’assureur et éligibles en tant qu’unités de compte, tous deux créés dans le cadre la Loi Breton de juillet 2005.
Ces nouveaux supports d’investissement, qui remettent l’assureur au cœur de la gestion financière, permettent des modes de gestion innovants par rapport à l’offre actuelle des multisupports.
Tout l’enjeu, pour les assureurs, est donc d’offrir une palette élargie de produits avec des espérances de rentabilité variées et complémentaires : du taux garanti d’antan à des offres de gestion sous mandat agressives conçues pour les horizons d’investissement les plus éloignés.
A l’épargnant d’en tirer profit comme il a su le faire pendant 25 ans avec les fonds en euros.

A propos d'Axeria Vie

Axéria Vie est une compagnie d’assurance-vie filiale à 100% du courtier en assurance April Group.
Créée en 2007 par Daniel Collignon, Axéria Vie revendique un tropisme marqué pour les services différenciants et développe une gamme de produits innovants sur des marchés de niche promis à un avenir certain et négligés par les grands acteurs de la place.
Elle fabrique des produits (contrats diversifiés, contrats multisupports, contrats de capitalisation) sur mesure et labellisés pour ses partenaires distributeurs (plateformes d’animation de CGPI, ou de CGP salariés, courtiers, banques privées, sociétés de gestion).



Cet article est mis en ligne dans un but d'information à destination des visiteurs d'Avenue des Assurés. Cet article reprend le contenu du communiqué de presse de cet organisme assureur. Toute inexactitude ou erreur dans le contenu de celui-ci ne saurait incomber à Avenue des Assurés.

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